YUCCA 70’s

Lore officiel

Los Santos et San Andreas en 1974 : les années qui ont façonné la ville, ses quartiers, ses institutions et ses fractures.

Ce qui a mené jusqu'ici

Los Santos a toujours su se vendre.

Du soleil toute l'année. Des collines où les villas dominent l'océan. Des boulevards sans fin. Des voitures rutilantes. Des studios qui fabriquent des vedettes. Des entreprises qui promettent de faire fortune à ceux qui savent saisir leur chance.

Pendant des décennies, la ville a donné l'impression que tout pouvait être acheté : un terrain, une réputation, une carrière, une élection, parfois même le silence d'un homme.

En 1974, cette certitude commence à se fissurer. L'Amérique doute. La guerre du Vietnam a laissé des familles divisées, le Watergate remonte jusqu'aux plus hautes sphères du pouvoir, le choc pétrolier frappe les automobilistes, les entreprises et les travailleurs.

Los Santos n'échappe à rien de tout cela. Les grandes familles veulent conserver ce qu'elles possèdent. Les entrepreneurs veulent davantage. Les syndicats défendent leurs positions. La police réclame plus de moyens. Les quartiers populaires demandent d'être entendus. Les criminels observent les failles.

Dans les bureaux de Downtown comme dans les arrière-salles de Vespucci, une même question commence à circuler : qui contrôlera Los Santos lorsque l'ancien ordre aura fini de tomber ?

Avant 1974

Les années décisives

De l'après-guerre à l'été 1974, chaque période laisse une marque différente sur la ville. La croissance, les fractures sociales, le port, l'immobilier, le crime et la politique finissent par se rejoindre.

1945

LE RETOUR

La Seconde Guerre mondiale prend fin et des milliers de soldats regagnent la côte Ouest. Los Santos entre dans une période de croissance rapide. Des familles s'installent, de nouvelles entreprises apparaissent et l'automobile devient le symbole d'une ville qui veut s'étendre toujours plus loin.

Les chantiers se multiplient. Les terrains changent de mains. Ceux qui possèdent déjà de l'argent comprennent avant les autres qu'une ville en expansion peut rapporter davantage qu'une mine d'or.

1952

LES ANNÉES DE BÉTON

Les grands promoteurs prennent une place considérable dans le développement de Los Santos. De nouveaux ensembles résidentiels, commerces, entrepôts et axes routiers consolident l'expansion de la ville.

La mairie entretient des relations de plus en plus étroites avec les entreprises capables de financer cette croissance. Les contrats publics deviennent un enjeu majeur. Certaines fortunes se construisent légalement. D'autres bénéficient d'arrangements que personne ne semble pressé d'examiner.

1958

L'ÂGE D'OR

Vinewood rayonne. Les studios, la musique, la télévision et la publicité transforment l'image de Los Santos en produit national. Des artistes arrivent de tout le pays dans l'espoir d'y devenir célèbres.

Downtown prospère. Les banques financent l'immobilier. Le port augmente son activité. Les quartiers commerciaux attirent une main-d'œuvre toujours plus importante.

La réussite de la ville masque cependant des écarts de richesse grandissants. Certains quartiers bénéficient pleinement du développement. D'autres voient les investissements passer sans jamais vraiment s'arrêter chez eux.

1963

LES PREMIÈRES FISSURES

Les tensions sociales augmentent. Les mouvements pour les droits civiques, les conflits générationnels et la défiance envers certaines institutions gagnent Los Santos comme le reste du pays.

Dans le sud de la ville, plusieurs associations de quartier dénoncent les discriminations, le manque d'emplois et les méthodes de la police. Les autorités promettent des réformes. Peu d'habitants considèrent les réponses suffisantes.

1965

LES NUITS DE COLÈRE

Plusieurs journées de violences frappent le sud de Los Santos après une intervention policière ayant dégénéré. Des commerces brûlent, des rues sont bouclées et la Garde nationale est mobilisée.

Le retour au calme ne règle rien.

La méfiance envers la police reste profonde dans plusieurs quartiers. Les forces de l'ordre, de leur côté, considèrent désormais certaines zones comme particulièrement hostiles. Cette fracture marquera durablement la décennie suivante.

1968

UNE GÉNÉRATION SANS PATIENCE

L'assassinat de figures nationales, les manifestations contre la guerre et les troubles qui traversent le pays renforcent un sentiment d'instabilité.

À Los Santos, la jeunesse s'éloigne des valeurs de ses parents. De nouveaux mouvements politiques, culturels et communautaires apparaissent. Les clubs, les salles de concert et les universités deviennent des lieux de confrontation entre plusieurs visions de l'Amérique.

Dans les rues, de petits groupes commencent également à se structurer autour d'un quartier, d'une origine commune ou simplement de la nécessité de se protéger.

1970

LE NOUVEAU MARCHÉ

Le crime change de visage.

Les anciennes activités — paris clandestins, racket, jeux, prostitution et détournement de marchandises — restent rentables. Mais de nouvelles drogues circulent davantage et les profits attirent des individus qui n'ont ni la patience ni les règles de leurs prédécesseurs.

Les organisations anciennes cherchent à préserver leurs réseaux. Des groupes plus jeunes veulent prendre leur place. Les indépendants tentent de profiter de la confusion.

La violence devient plus imprévisible.

1971

LA GUERRE DES DOCKS

Une série de grèves et de conflits syndicaux frappe le Port of Los Santos. Officiellement, le désaccord concerne les salaires, les horaires et les conditions de travail.

Officieusement, plusieurs entreprises de transport souhaitent réduire l'influence des représentants syndicaux les plus puissants. Des cargaisons disparaissent. Des contremaîtres sont agressés. Deux entrepôts brûlent en moins de trois mois.

Aucune enquête ne parvient à déterminer si ces incidents relèvent du conflit social, du crime organisé ou des deux.

Le compromis signé à la fin de l'année ramène le calme, mais personne ne peut vraiment dire qui a gagné.

1972

L'AFFAIRE DORNE

Le nom de Calvin Merrick Dorne, promoteur immobilier influent, apparaît dans plusieurs enquêtes liées à l'attribution de marchés municipaux.

Des journalistes affirment que ses sociétés auraient obtenu des terrains publics à des prix anormalement bas. Plusieurs élus sont interrogés. Aucun n'est condamné.

Dorne nie toute irrégularité et conserve une grande partie de son empire.

L'affaire nourrit pourtant une conviction désormais répandue : à Los Santos, la frontière entre affaires et politique est devenue difficile à distinguer.

1973

LE CHOC

L'embargo pétrolier frappe brutalement une ville construite autour de l'automobile.

Les prix augmentent. Certaines stations limitent les ventes. Les entreprises de transport répercutent leurs coûts. Plusieurs commerces réduisent leurs effectifs.

À Blaine County, les exploitations agricoles et les petites entreprises souffrent particulièrement de la hausse du carburant.

Dans les quartiers les plus pauvres de Los Santos, le chômage devient plus visible.

Pour ceux qui vivent déjà de l'économie clandestine, la crise représente au contraire une occasion.

1974

AUJOURD'HUI

Le président Richard Nixon est fragilisé par le Watergate. Les journaux parlent chaque jour de mensonges, d'enregistrements, de commissions d'enquête et de responsables qui jurent ne rien savoir.

À Los Santos, cette crise nationale résonne étrangement avec les affaires locales.

Au printemps, Calvin Merrick Dorne disparaît.

Sa voiture est retrouvée à proximité de Del Perro, verrouillée, sans trace de lutte. Son portefeuille se trouve encore dans la boîte à gants. Son bureau a été vidé de plusieurs dossiers avant même que la police ne puisse le placer sous scellés.

Son avocat affirme ne rien savoir.

Ses associés refusent de parler.

La mairie nie toute inquiétude.

Trois semaines plus tard, un comptable travaillant pour l'une de ses sociétés est retrouvé mort dans un motel de Strawberry. La police conclut dans un premier temps à une overdose.

Un journaliste du Los Santos Chronicle affirme posséder des documents reliant Dorne à des élus, à plusieurs contrats portuaires et à des sociétés dont les propriétaires réels sont impossibles à identifier.

Le journaliste ne publie rien.

Il disparaît à son tour.

Depuis, les rumeurs ont remplacé les certitudes.

Certains pensent que Dorne a fui avec de l'argent.

D'autres affirment qu'il savait trop de choses.

Quelques-uns prétendent qu'une guerre silencieuse a déjà commencé pour récupérer ce qu'il contrôlait.

Los Santos continue pourtant de fonctionner.

Les banques ouvrent le matin. Les usines embauchent encore. Les clubs remplissent leurs salles. Les policiers patrouillent. Les dockers déchargent les cargos. Les habitants paient leur loyer.

Mais ceux qui connaissent la ville comprennent que quelque chose a changé.

Un vide s'est ouvert.

Et Los Santos déteste le vide.

LOS SANTOS

UNE VILLE QUI NE DORT JAMAIS

Los Santos est la plus grande ville de l'État de San Andreas et le centre économique de toute la région.

La ville est faite de contrastes. Les collines de Vinewood dominent des quartiers où certaines familles vivent d'un salaire à l'autre. Les touristes de Del Perro croisent les travailleurs du port sans jamais partager la même réalité. Les bureaux de Downtown décident du sort d'entreprises situées à des kilomètres de là.

Los Santos n'est pas divisée par des frontières officielles, mais chacun sait que quelques rues peuvent suffire à changer de monde.

DOWNTOWN LOS SANTOS — LE POUVOIR A UNE ADRESSE

Downtown concentre les banques, cabinets d'avocats, sièges d'entreprises et administrations.

Le quartier représente l'image sérieuse de Los Santos : tours de bureaux, hôtels, restaurants d'affaires et salles où se négocient des contrats à plusieurs millions de dollars.

La mairie dépend fortement des grandes entreprises pour financer le développement de la ville. Cette proximité nourrit depuis longtemps les soupçons de favoritisme et de corruption.

Dans Downtown, les décisions les plus importantes ne sont pas toujours prises lors des réunions officielles.

Un déjeuner peut valoir davantage qu'un vote.

VINEWOOD — LA FABRIQUE DES RÊVES

Vinewood demeure l'un des symboles de Los Santos.

Cinéma, télévision, musique et publicité attirent artistes, producteurs, techniciens, agents et opportunistes.

Les anciennes méthodes commencent toutefois à disparaître. Une nouvelle génération de producteurs et de musiciens impose d'autres codes. Les drogues circulent dans les soirées privées. Les scandales sont nombreux, mais rarement publics tant que l'argent permet de les étouffer.

Une carrière peut commencer dans un club de Vinewood et finir le lendemain dans les pages des faits divers.

ROCKFORD HILLS — CEUX QUI ONT DÉJÀ RÉUSSI

Rockford Hills abrite une partie des familles les plus riches de Los Santos.

Médecins réputés, entrepreneurs, avocats, producteurs et héritiers y vivent loin du bruit des quartiers industriels.

Derrière les façades impeccables, la réputation compte autant que la fortune. Un divorce, une dette ou une arrestation peuvent ruiner une famille plus sûrement qu'une mauvaise année commerciale.

Beaucoup de fortunes locales possèdent des intérêts à Downtown, au port ou à Vinewood.

Certaines doivent leur réussite au travail.

D'autres à des relations plus difficiles à présenter dans un salon.

DEL PERRO — LE SOLEIL EN VITRINE

Del Perro vit du tourisme, des commerces, des hôtels et de la proximité de l'océan.

Les familles viennent pour la plage. Les jeunes viennent pour les bars. Les hommes d'affaires viennent pour rencontrer des partenaires loin de leurs bureaux.

La nuit, le quartier change de visage.

Les établissements ferment tard, l'argent circule vite et les visiteurs posent rarement beaucoup de questions.

La disparition de Calvin Merrick Dorne a donné au quartier une réputation plus sombre qu'il n'en avait besoin.

VESPUCCI — LE VICE DERRIÈRE LES NÉONS

Vespucci mélange résidents, touristes, petits commerces, bars et établissements nocturnes.

L'économie légale y côtoie une activité clandestine ancienne. Jeux d'argent, prostitution, recel et trafic de stupéfiants trouvent facilement une clientèle parmi ceux qui veulent oublier la semaine.

Aucune organisation ne contrôle publiquement le quartier. Cela n'empêche pas certains établissements de payer pour éviter les problèmes.

Lorsque plusieurs hommes viennent réclamer la même protection, les problèmes commencent généralement après.

STRAWBERRY — AU MILIEU DE TOUT

Strawberry est un quartier de passage, coincé entre les grands axes de la ville et les zones plus pauvres du sud.

Garages, motels, commerces bon marché et petits ateliers y font travailler une population diverse.

Le quartier attire également ceux qui souhaitent disparaître quelques jours sans quitter Los Santos.

Les chambres se paient en espèces. Les mécaniciens ne demandent pas toujours d'où vient une voiture. Les prêteurs savent reconnaître quelqu'un qui ne peut plus aller voir une banque.

La mort du comptable de Dorne n'a surpris personne.

Seulement la vitesse avec laquelle l'affaire a été classée.

DAVIS — LA VILLE OUBLIÉE

Davis porte les conséquences des années de tensions sociales et de sous-investissement.

Le chômage touche durement certaines familles. Les commerces indépendants peinent à survivre. Les relations avec la police restent particulièrement tendues.

Des groupes de jeunes se forment autour de certaines rues et de certaines familles. La majorité ne possède encore ni la structure ni les moyens des grandes organisations criminelles, mais leur influence grandit à mesure que les institutions perdent la leur.

Les habitants savent néanmoins que Davis ne se résume pas à la criminalité.

Des associations, des églises, des commerçants et des familles tentent chaque jour de préserver un quartier que beaucoup à la mairie ne connaissent qu'à travers les rapports de police.

RANCHO — LE POIDS DES USINES

Rancho reste marqué par l'industrie, les ateliers, les entrepôts et les emplois ouvriers.

Les licenciements des derniers mois ont fragilisé plusieurs secteurs. Les syndicats y disposent d'une influence importante, mais ils sont eux-mêmes divisés entre ceux qui veulent négocier et ceux qui considèrent que l'époque des compromis est terminée.

La proximité des infrastructures industrielles en fait également un lieu idéal pour stocker ce que personne ne souhaite voir entreposé ailleurs.

LA MESA — LES MAINS SALES

La Mesa est un territoire de garages, d'ateliers, d'entrepôts et d'entreprises logistiques.

Tout ce qui entre dans Los Santos finit tôt ou tard par passer entre les mains de quelqu'un qui travaille ici.

Pièces automobiles, machines, matériaux et cargaisons transitent quotidiennement par le quartier.

Le marché parallèle y prospère presque naturellement. Une pièce volée ressemble beaucoup à une pièce achetée lorsqu'elle est montée sur une voiture.

CYPRESS FLATS — L'OMBRE DU PORT

Cypress Flats vit au rythme des usines et du Port of Los Santos.

Le quartier est essentiel à l'économie de la ville mais rarement visible dans les brochures touristiques.

Transporteurs, manutentionnaires et entreprises industrielles y travaillent jour et nuit.

Les conflits syndicaux de 1971 ont laissé des rancunes profondes. Certains contremaîtres n'ont jamais oublié les hommes qui avaient pris position contre eux.

Les hommes qui contrôlent une cargaison pendant dix minutes peuvent parfois gagner davantage que ceux qui l'ont achetée.

PORT OF LOS SANTOS — TOUT ENTRE PAR ICI

Le port est l'une des principales portes commerciales de San Andreas.

Des cargos venus du monde entier y apportent pétrole, automobiles, machines, produits alimentaires et marchandises de toutes sortes.

Les syndicats y occupent une place historique. Les compagnies maritimes cherchent à réduire leurs coûts. Les entreprises de transport veulent sécuriser leurs contrats.

Entre ces intérêts circule une quantité d'argent suffisante pour attirer tous les regards.

Le port est surveillé.

Il n'est pas pour autant contrôlé.

Les manifestes peuvent être falsifiés. Les conteneurs peuvent être ouverts. Les chauffeurs peuvent être achetés. Les douaniers peuvent se tromper.

Et lorsqu'une cargaison disparaît, il est souvent plus simple de déclarer une erreur que de chercher la vérité.

MIRROR PARK — LA PROMESSE TRANQUILLE

Mirror Park attire les familles qui cherchent une vie plus calme sans quitter Los Santos.

Le quartier représente encore une certaine idée de la réussite : une maison, une voiture, un emploi stable et suffisamment de distance avec les secteurs les plus agités de la ville.

Mais la crise économique commence également à s'y faire sentir. Les prêts deviennent plus lourds, les emplois moins sûrs et certaines familles découvrent que la classe moyenne peut descendre aussi vite qu'elle est montée.

BLAINE COUNTY

L'AUTRE SAN ANDREAS

Au nord de Los Santos, Blaine County offre un visage radicalement différent.

Les distances sont plus longues, les communautés plus petites et l'autorité plus éloignée.

Agriculteurs, ouvriers, commerçants, chasseurs et marginaux y vivent souvent avec l'idée que Los Santos prend beaucoup et rend peu.

La crise pétrolière a renforcé ce ressentiment.

SANDY SHORES — CEUX QUI RESTENT

Sandy Shores n'a jamais prétendu être belle.

La ville survit grâce aux petits commerces, garages, emplois locaux et à une population habituée à se débrouiller sans attendre grand-chose du gouvernement.

Certains habitants travaillent à Los Santos et reviennent le soir. D'autres ne quittent presque jamais le désert.

L'isolement attire aussi ceux qui préfèrent ne pas être observés.

Une voiture abandonnée, un coup de feu au loin ou un inconnu de passage provoquent moins de questions ici qu'en ville.

GRAPESEED — LA TERRE AVANT TOUT

Grapeseed repose sur l'agriculture, l'élevage et les exploitations familiales.

La hausse du carburant et des coûts de transport frappe directement les producteurs. Plusieurs fermes sont endettées et certaines familles craignent de perdre des terres possédées depuis plusieurs générations.

Les grands distributeurs proposent des contrats difficiles à refuser.

Quelques propriétaires préfèrent encore risquer la faillite plutôt que de vendre.

PALETO BAY — AU BOUT DE LA ROUTE

Paleto Bay vit loin de l'agitation de Los Santos.

Le bois, la pêche, les petits commerces et les services locaux constituent l'essentiel de l'activité.

La ville est suffisamment éloignée pour donner l'impression que les problèmes du sud ne la concernent pas.

Cette impression est trompeuse.

Les routes du nord sont utiles à tous ceux qui souhaitent déplacer des marchandises loin des grands axes surveillés.

Et les habitants savent depuis longtemps que les étrangers ne viennent pas toujours à Paleto Bay pour admirer l'océan.

LES INSTITUTIONS

LA MAIRIE — UNE MAISON AUX PORTES TROP OUVERTES

Los Santos est dirigée par des élus qui doivent répondre à une ville immense, coûteuse et difficile à satisfaire.

Les campagnes électorales dépendent fortement des donations privées. Promoteurs, industriels, syndicats et grandes fortunes financent les candidats qu'ils jugent capables de défendre leurs intérêts.

Officiellement, ces relations relèvent de la politique.

Officieusement, les habitants ont appris à regarder les contrats municipaux avec méfiance.

Depuis la disparition de Dorne, plusieurs conseillers évitent les journalistes.

Personne n'explique pourquoi.

LSPD — ENTRE AUTORITÉ ET MÉFIANCE

Le Los Santos Police Department est l'une des institutions les plus visibles de la ville.

Il doit faire face à une criminalité plus mobile, à une population plus méfiante et à une pression politique croissante.

À l'intérieur du département, plusieurs générations s'opposent.

Les anciens défendent une police fondée sur l'autorité, l'expérience et les méthodes qui ont fait leurs preuves selon eux.

Des officiers plus jeunes veulent moderniser les enquêtes, améliorer la collecte de preuves et rompre avec certaines pratiques devenues difficiles à justifier.

Entre les deux se trouvent ceux qui veulent simplement faire leur travail.

Et ceux qui ont compris qu'un badge peut valoir beaucoup d'argent entre de mauvaises mains.

LE SHERIFF DE BLAINE COUNTY — TROP DE ROUTES, PAS ASSEZ D'HOMMES

Le bureau du shérif couvre un territoire immense avec des moyens limités.

Les adjoints connaissent souvent personnellement les habitants qu'ils contrôlent, arrêtent ou interrogent.

Cette proximité facilite parfois le travail.

Elle le complique aussi.

À Blaine County, une famille peut connaître le même adjoint depuis vingt ans. Tout le monde sait qui boit trop, qui frappe sa femme, qui cache des armes et qui transporte quelque chose la nuit.

Savoir n'est pas toujours suffisant pour agir.

LA JUSTICE — LA LOI A UN PRIX

Les tribunaux de Los Santos sont encombrés.

Procureurs, avocats et juges travaillent dans un système où le temps manque et où les affaires importantes attirent une pression politique considérable.

Les riches disposent d'avocats capables de transformer chaque procédure en bataille.

Les pauvres disposent souvent du temps qu'un défenseur public peut leur accorder.

Dans les grandes affaires, la victoire ne dépend pas toujours de ce qui s'est passé.

Elle dépend de ce qui peut être prouvé.

L'ÉCONOMIE

UNE VILLE QUI VEND TOUT

Los Santos repose sur plusieurs économies qui se croisent sans toujours se regarder.

L'immobilier transforme les terrains en fortunes.

Le port fait entrer les marchandises.

L'industrie les transforme.

Les commerces les vendent.

Vinewood vend des rêves.

Les banques vendent du temps.

Et les criminels vendent ce que les autres refusent de vendre publiquement.

La crise de 1973 a fragilisé cet équilibre.

Les entreprises les plus solides rachètent les plus faibles. Les travailleurs acceptent parfois des conditions qu'ils auraient refusées quelques années plus tôt. Les banques deviennent plus prudentes.

L'argent continue de circuler.

Simplement, il ne circule plus vers les mêmes personnes.

LES SYNDICATS — LE POUVOIR DU NOMBRE

Les syndicats sont particulièrement influents dans le port, l'industrie, les transports et plusieurs métiers ouvriers.

Pour certains travailleurs, ils sont la seule force capable de tenir tête aux grandes entreprises.

Pour certains employeurs, ils sont devenus trop puissants.

Les dirigeants syndicaux les plus influents disposent d'un réseau qui dépasse largement les lieux de travail.

Un appel peut bloquer un chantier.

Une grève peut immobiliser une entreprise.

Et un mauvais accord peut coûter des millions.

Cette puissance attire naturellement ceux qui souhaitent l'utiliser à d'autres fins.

LE CRIME

L'ANCIEN MONDE

Pendant longtemps, le crime organisé de Los Santos a préféré la discrétion.

Les jeux clandestins, paris, rackets, prêts usuraires, prostitution et détournements de marchandises rapportaient suffisamment pour éviter les guerres inutiles.

Les hommes les plus puissants n'avaient pas besoin de montrer une arme pour être obéis.

Ils avaient des relations.

Des entreprises.

Des avocats.

Parfois des policiers.

Ce système existe encore.

Mais il vieillit.

LA NOUVELLE GÉNÉRATION

Depuis la fin des années 1960, de nouveaux groupes apparaissent.

Ils sont plus jeunes, moins structurés et souvent plus violents.

Ils ne disposent pas encore des réseaux de l'ancien crime organisé, mais ils comprennent mieux la rue et n'hésitent pas à prendre des risques que leurs prédécesseurs jugent inutiles.

Les stupéfiants accélèrent cette transformation.

La marijuana reste largement présente. La cocaïne devient plus visible dans certains milieux aisés. L'héroïne détruit déjà des quartiers entiers.

Chaque produit possède ses fournisseurs, ses intermédiaires et ses territoires.

Chaque territoire finit par attirer quelqu'un qui veut le contrôler.

LES INDÉPENDANTS

Tous les criminels de Los Santos n'appartiennent pas à une organisation.

Braqueurs, escrocs, receleurs, voleurs de voitures, faussaires et contrebandiers travaillent souvent seuls ou en petits groupes.

Certains rêvent de devenir suffisamment importants pour être respectés.

D'autres savent que devenir important est généralement le meilleur moyen d'attirer la police et les ennemis.

Los Santos a toujours eu une place pour ceux qui savent prendre ce dont ils ont besoin.

La question est de savoir combien de temps ils peuvent le garder.

LA PRESSE

CE QUI EST IMPRIMÉ DEVIENT RÉEL

Los Santos possède plusieurs journaux, stations de radio et chaînes locales.

La presse traverse une période particulière. Le Watergate a montré au pays entier qu'un journaliste suffisamment obstiné peut mettre en difficulté les hommes les plus puissants.

À Los Santos, cette idée enthousiasme certains reporters et inquiète beaucoup de propriétaires de journaux.

Les annonceurs financent les pages.

Les entreprises achètent les publicités.

Les élus connaissent les directeurs.

Et lorsqu'un article menace suffisamment d'intérêts, la liberté de la presse devient soudain une question beaucoup plus compliquée.

La disparition du journaliste qui enquêtait sur Dorne a marqué les rédactions.

Certains veulent reprendre son travail.

D'autres ont compris le message.

LA CULTURE

UNE ÉPOQUE QUI CHANGE DE VISAGE

Los Santos vit au rythme des radios, des salles de concert, des clubs et de Vinewood.

Le rock s'est imposé depuis longtemps. Le funk, la soul et le disco commencent à transformer les nuits de la ville. Les vêtements deviennent plus audacieux. Les cheveux s'allongent. Les jeunes refusent de ressembler à leurs parents.

Cette transformation culturelle dépasse la musique.

Les femmes revendiquent davantage d'indépendance. Les minorités réclament une place que les institutions leur ont longtemps refusée. Les vétérans rentrent d'une guerre que beaucoup préfèrent oublier. Les familles traditionnelles voient leurs certitudes disparaître les unes après les autres.

Los Santos est jeune, bruyante et contradictoire.

Elle veut changer.

Elle ne sait simplement pas encore dans quelle direction.

L'AFFAIRE DORNE

LE VIDE

Calvin Merrick Dorne n'était ni maire, ni policier, ni juge.

Pourtant, son nom se retrouvait partout.

Ses sociétés construisaient des immeubles, achetaient des terrains, finançaient des projets et participaient à des appels d'offres municipaux.

Il fréquentait les élus de Downtown, les entrepreneurs du port, les avocats de Rockford Hills et les producteurs de Vinewood.

Pendant des années, Dorne avait fait de cette proximité une force.

Puis il a disparu.

Depuis, plusieurs de ses sociétés sont en difficulté. Des associés se disputent ses actifs. Des créanciers réclament leur argent. Des employés affirment que certains dossiers ont été détruits.

Les enquêteurs cherchent encore à comprendre ce que Dorne possédait réellement.

Les journaux cherchent à comprendre qui le protégeait.

Les criminels cherchent à comprendre ce qui peut être récupéré.

Les politiciens cherchent surtout à convaincre tout le monde qu'il n'y a rien à comprendre.

La ville entière semble attendre que quelqu'un fasse le premier mouvement.

LOS SANTOS, ÉTÉ 1974

La ville continue de fonctionner. Les banques ouvrent, les voitures remplissent les boulevards, les clubs allument leurs enseignes et les cargos entrent au port. Mais derrière cette normalité, les équilibres ont changé.

YUCCA 70's commence ici : au moment précis où personne ne sait encore qui profitera du vide.